mercredi, août 16, 2006

Semaine 7 : Mysore

C’est le temps des vacances…

C’est sous des torrents de pluies, les bottes souillées de boue, que je me suis rendue au pas de course jusqu’au bureau dans l’espoir d’y recevoir une bonne nouvelle : l’autorisation des boss Québécois en regard à l’envoi du questionnaire. Hé oui ! Après plus de deux semaines d’attente ponctuées de deux ou trois rappels explicites de ma part, j’ai enfin reçu leur bénédiction. Amen!

J’ai donc passé trois jours à acheminer l’étude à plus de 80 volontaires ciblés à travers le monde. Plusieurs adresses électroniques ayant été retranscrites se sont révélées erronées ou non actuelles. J’ai donc fait quelques tests qui parfois se sont avérés fructueux, j’ai aussi sollicité l’aide de Sophie pour quelques cas en provenance du Québec. Je passe sous silence les coupures de courant et la rapidité de la connexion Internet (28 ko/sec au max). La base de données étant terminée, autant pour les variables indépendantes que pour celles que j’ai évalué utiles de croiser, j’étais fin prête pour commencer l’entrée des résultats. En l’espace de 4 jours (3 jours d’envoi + 1 journée), cinq questionnaires complétés m’ont été retournés. J’ai donc pour le moment (ouf ! les calculs!) un taux de réponse d’environ 6% ! Ces questionnaires sont bien sûr déjà compilés…au suivant!

Oubliant le boulot, j’ai pris la direction de la ville puis celle de la gare, où accompagnée de Jeanne, j’ai empli mes poumons de l’air des vacances. Chout! Chout! En voiture! C’est après une nuit sans sommeil bercée par le silence des ronflements, la noirceur des lampes au néon et le rythme régulier des multiples arrêts, que j’ai mis le pied a 5h du matin dans la cité de Mysore. J’ai pris possession de ma chambre d’hôtel, j’ai dormi quelques trop courtes heures, et toujours en compagnie de Jeanne, j’ai endossé le rôle de la parfaite touriste.

Le premier arrêt fut le palais du Maharaja. J’avais l’impression d’être un personnage appartenant au conte des Mille et une nuits. Du bleu, du vert, des piliers immenses, de la dorure, des vitraux, des mosaïques; le tout formant une bulle de richesse presque paradisiaque au cœur de la vie quotidienne. Après tant de splendeur, j’ai décidé de me sentir royale à mon tour et c’est à dos d’éléphant que j’ai parcouru une partie de la cours ceinturant le palais. Finalement, ça donne un peu mal au cœur, sans parler des muscles fessiers…

Nous avons ensuite pris la direction du marché aux fruits et légumes qui est sans contredit l’un des plus colorés du pays. Harcelée de toute part, j’ai tôt fait d’acquérir mes provisions de vitamines et de quitter prestement cette fourmilière. Exténuée, je rentre à l’hôtel, je dis au revoir à Jeanne qui part rejoindre sa famille en visite à Madras, et je relaxe avec des soupirs d’aise sous les jets timides, mais CHAUDS d’une douche bienfaitrice.

Il n’est pas 9h du matin que j’attaque ma seconde journée. J’enfile mes pantalons d’Hampi, ma tunique, je prends mon sac made 100% india, je chausse mes chapels et un regard dans le miroir suffit pour me dire que mes efforts sont vains : ma peau est beaucoup trop claire et mes cheveux flamboyants (on se rappelle le henna) pour ressembler moindrement à une Indienne. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais passer incognito! Je me rends au terminus d’autobus et j’embarque en direction de Chamundi Hill au sommet de laquelle se dresse un temple. Je dirais qu’après ceux d’Hampi, celui-là n’avait pas grand intérêt. Par contre, le chemin de pèlerinage qui va du bas jusqu’au sommet de la colline est agréable. J’ai donc délaissé l’autobus que j’ai remplacé par les 1000 marches imposées aux pèlerins. Je me suis contentée de le parcourir dans une seule direction : celle de la descente! Décorée de mon point rouge au milieu du front, signe que j’avais bien fait ma puja au temple, je me suis rendue à un second palais : Jaganmohan, qui est aujourd’hui une galerie d’art. J’y ai trouvé des peintures, des meubles et des instruments de musique datant de plusieurs époques. Dans l’ensemble, j’ai bien aimé!

J’ai mangé dans un restaurant plutôt touristique où j’étais en majorité entourée de mes congénères; des occidentaux. Je me suis faite regarder avec stupéfaction pendant tout mon repas. Délaissant les ustensiles pour mes doigts, je dégustais mon poulet manchurian en l’enroulant dans un naan (pain sans levain) avec une habileté acquise pendant les dernières semaines pour ensuite l’engouffrer dans ma bouche sans même cligner de l’œil au contact des épices. Ça y est, je me fais autant observer par les occidentaux que par les Indiens!

La troisième journée fut consacrée à une petite excursion à Srirangapatnam à 18 Km de Mysore. Me sentant prête à tout, j’ai voulu vivre l’expérience indienne au maximum en m’y rendant avec les minis bus du pays. Erreur! C’est l’horreur! Pire que les collectivos/kombis en Amérique Latine! Ça m’a pris 1h15 faire le trajet alors que quelques heures plus tard je ferai le chemin inverse en 25 minutes à bord d’une autobus de la ville. J’ai visité le palais d’été de Tipu Sultan (devinez?...un roi!), le Gumbaz, un mausolée renfermant les dépouilles du défunt Tipu, j’ai pénétré dans un temple (plus j’en voit, plus ils se ressemblent tous), j’ai vu le donjon où Tipu emprisonna des officiers britanniques et j’ai fait un petit tour dans la ville qui est protégée par un fort. Ce fut une autre journée bien enrichissante, à la condition d’aimer Tipu!

Le plus grand désavantage d’être seule, c’est que je me fais aborder au quart de pas. Les multiples vendeurs sont certes exaspérants, mais ce qui est vraiment intolérable se matérialise en la personne d’hommes indiens en quête de femmes. Les films véhiculent l’image de la femme blanche comme étant une prostituée et certains ont la fâcheuse tendance de généraliser et de considérer ce stéréotype comme une vérité absolue. Je me suis faite accostée par la question suivante : Es-tu célibataire? Ou encore un vieux bonhomme décrépi à qui je n’avais rien demandé s’est improvisé guide pour ensuite me réclamer, lèvres tendues, un baiser compensatoire : j’ai éclaté de rire! Et vlan les convenances! Imaginez-vous donc que je suis mariée et que mon époux est en Inde avec moi, mais que le pauvre homme est actuellement cloué au lit par une forte diarrhée!

Á suivre….bientôt disponible.

Apprentissage du moment : Véracité du dicton; Toute vérité n’est pas bonne à dire.