lundi, août 21, 2006

Semaine 8 : Retour à la réalité

Et les vacances continuent…

Après musées, temples et palais, j’ai décidé que j’avais atteint mon quota de culture historique et religieuse. Pour ma quatrième journée, j’ai eu envie de découvrir l’environnement, plus spécifiquement la faune et la flore. Ma matinée fut occupée par la visite d’une réserve naturelle parfaite pour tout ornithologue en herbe. J’ai pu observer quantité d’oiseaux dans leur habitat tout en me baladant sans avoir en arrière fond le bourdonnement des voitures ainsi que le son strident des klaxons. Cette fois-ci ce n’est pas l’homme, mais l’oiseau qui m’a fait du charme : M.Paon est venu me barrer la route afin de se pavaner et de se faire admirer, la queue en éventail, certain de son pouvoir de séduction. Il y avait également de nombreuses espèces de papillons. Ces derniers loin d’être farouches virevoltaient autour de moi colorant le paysage déjà enchanteur. La journée se poursuivie avec une visite au zoo! J’étais bien curieuse de savoir quels types d’animaux peuplent les zoo indiens. Ma conclusion : ajouter quelques éléphants et ils sont plutôt similaires à ceux que nous connaissons.

Mon dernier jour fut exclusivement réservé à mon moi-même. J’ai fait la grasse matinée, j’ai passé un bon deux heures dans un restaurant, j’ai lu et j’ai commencé un ‘jet brouillon d’idées’ pour mon rapport de stage. Vous avez bien lu : mon rapport de stage! Je sais que j’étais en vacances, mais à l’école le temps me manque… Et une fois de plus; Chout! Chout! Une autre nuit à bord du Mysore-Dharwad Express.

Cauchemar

Vidée. Brûlée. Frustrée. Exténuée. J’en ai ma claque! De retour à Kalkeri, je suis attendue de pieds fermes. Le nombre de malades a augmenté pendant mon absence. La ‘Bobo house’ renferme cinq enfants entre 39o et 40 o ce qui exige de nous une surveillance permanente. De nuit comme de jour : prends la température, administre les médicaments, découvre les enfants de sous leur montagne de couvertures, applique des compresses d’eau froide, nettoie le vomi… Allez Marie! Il est 3h du matin, c’est ton tour de garde. Lève-toi! Je suis crevée. Je ne suis pas infirmière et je n’en ai pas la ‘vocation’. Si ce n’était que de moi, je les balancerais tous à l’hôpital. Je me fais éternuée dessus, ‘morver’ dessus, tousser dessus et j’en passe. Tous les volontaires sont à bout et par logique nous sommes tous malades à notre tour. J’ai passé une bouteille complète de sirop à moi seule! En plus, de nombreux enfants ont la galle. Nous avons commencé à traiter les pires cas : ceux qui s’arrachent la peau en raison des démangeaisons. Je passe mon temps à me désinfecter les mains, c’est que c’est contagieux! Et il continue de pleuvoir sur Kalkeri, malheureusement cette eau ne nous lave pas des microbes. Je semble me plaindre, mais en réalité il suffit de se demander quelle est la priorité? La réponse vient aisément : les enfants. La soupe Lipton de maman est toujours la bienvenue lorsque notre corps fait des siennes. Ici, c’est notre rôle de leur donner se réconfort. Il n’en reste pas moins qu’il y a un urgent besoin de personnel qualifié dans le domaine de la santé. Être restée plus longtemps et ne pas être une femme (de par ma condition féminine, je suis grandement limitée), c’est une planification complète en ressources humaines en trois exemplaires que je leur pondrais.

Les heures d’électricité sont encore plus variables, ce qui affecte aussi mon travail. Ça me met l’humeur dans les talons, la patience à zéro et le goût de me creuser un trou pour hiberner. J’ai envoyé un rappel cette semaine aux anciens volontaires concernant l’étude, mais je n’ai pas trop la tête à mon projet. Le taux de réponse atteint à ce jour des sommets mirobolants de 23%. Il y a toujours des personnes que je ne parviens pas à rejoindre. Mon objectif de départ était d’arriver à un taux se chiffrant entre 40%-50%. Les conditions présentes sont toutefois plus difficiles de celles que j’avais évaluées. Il reste encore quelques jours avant la date limite de réponse, je verrai bien le résultat.

Sinon, le 15 août dernier, c’était la journée de l’indépendance. Vous avez sans doute pris conscience des alertes de sécurité dans les aéroports! Ici, les enfants avaient congé et pour l’événement ils avaient préparé de petits spectacles de musique, de danse, de chant et même une pièce de théâtre. J’admets n’avoir absolument rien compris de cette dernière, mais les jeunes étaient drôles à voir. Mon rire se mêlait à celui de l’assistance. Nous avons aussi eu droit à des discours interminables (toujours incompréhensibles pour mes oreilles vierges en Kannada). Ceux-ci m’amènent à l’esprit : ‘Est-ce que c’est encore loin Grand Stroumph?’ repris dans Shrek II par notre cher ami Donkey qui se rend au royaume de Far Far Away. Bref, ça n’en finissait plus de ne pas finir. Et bla, bla, bla…

J’ai besoin plus que jamais de votre soutien!

Que fait-on lorsque nous avons le syndrome de ‘l’écoeurite aigue’? On se remue dans tous les sens! C’est dans l’immobilité que je m’enlise davantage dans les sables qui cherchent à m’avaler; paradoxe avec les phénomènes naturels. J’ai donc demandé l’autorisation de me rendre en ville pour travailler. Théoriquement, je devrais être remboursée pour les dépenses ainsi encourues, mais l’important se fondait sur le changement d’air. J’ai aussi pu mettre en bonne partie à jour mon travail principal ainsi que d’autres tâches complémentaires. Les deux derniers jours de ma semaine furent donc occupés par de longues heures d’attente à la station de bus, par les trajets en autobus et par quelques heures sur le net accompagnées de bonne bouffe : masala dosa, paneer, raita et autres! Quand l’appétit va tout va! Mon sourire est revenu.

Apprentissage du moment : Je ne suis pas Mère Térésa!

4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Lache pas Marie!

Vincent BOurque

10:18 a.m.  
Anonymous Anonyme said...

Lache pas !
Vincent BOurque

10:18 a.m.  
Anonymous Anonyme said...

salut cricri,
je sais que l'écoeurite aiguë est passée pour t'avoir parlé dimanche.
pas facile des enfants malades quand ça touche notre coeur!
mais comme tu voies de belles choses, malgré les difficultés et de quelle culture tu t'enrichis !
Et c'est suite à notre pacoting au téléphone que j'ai repris contact avec la médisance exitante pour ces enfants. Nous en entendons parler mais cela reste bien loin de nous tant et aussi longtemps qu'un proche ou connaissance le vive vraiment pour nous le faire concrétiser.
Lâche pas ! c'est grand ce qui vous faites pour ces petites personnes.
à +
meman

4:26 p.m.  
Anonymous Anonyme said...

Je suis confiant de te voir terminer cet épreuve avec brio...ça doit vraiment pas être facile depuis que les infirmières sont parties. Passer (et ce avec un préavis de plus de 2 mois) de 3 à 0 infirmière...on s'entend...c'est assez moyen.

Profites quand même de chaque moment, (même les plus pénibles) parce qu'avant même que tu t'en rendes compte tu vas être de retour au Québec à raconter tes aventures avec nostalgie.

Je te souhaite une belle semaine de soleil

Gab

5:47 p.m.  

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