Semaine 12 : Résolutions
Premier jour de la semaine et premier jour de l’année, c’est débordante de bonne volonté que je me levai fin prête à entamer 2007. Je ne sais pas pour vous, mais je me demande souvent qu’est-ce que les 365 prochains jours me réservent. Je suis incapable de vivre dans un quotidien assuré pour une longue période. J’aime bouger, j’aime me mettre au défi, j’aime apprendre, j’aime découvrir et j’adore expérimenter.
Ce que je fais en vivant sur cette terre poussiéreuse est l’expérience du développement local. Certes, il s’agit d’une approche spécifique à une organisation donnée, mais il faut bien un point de départ. Néophyte dans la matière, l’université contribue à la formation d’une base théorique sauf que vous le savez aussi bien que moi; la réalité est généralement tout autre.
Cette semaine, l’équipe de travail a été dans l’obligation de mener une réflexion quant à l’identification des besoins économiques des villageois dans la zone où nous intervenons. Réflexion complexe qui à mon sens ne peut pas déboucher sur une solution en l’espace de 48 heures. Généralement, le fond de développement alloué aux villages est investi dans le matériel agricole ou encore dans les petits commerces. Le premier s’adresse principalement aux hommes et le second aux femmes. Il ne s’agit pas d’un canevas fixe, mais disons que cela est l’image d’une tendance.
La commune de Zantiébougou est depuis le début des années 80 appuyée par un autre organisme en développement spécialisé dans l’agriculture. Les villages ont donc été dotés d’une quantité importante de matériel agricole : bœufs, charrettes, multiculteurs, herses, ânes..etc. J’en viens à m’approprier moi-même un vocabulaire agricole! Seulement les temps ont été difficiles et pour survivre les exploitations familiales ont vendus ces biens afin de se retrouver avec de l’argent frais servant à nourrir les ventres vides.
La principale cause est la culture du fameux coton. Tous les villages en produisent au détriment des cultures vivrières. Cette année, par exemple, se fut une année désastreuse pour le coton. Les gens se retrouvent donc encore plus endettés. De plus, les greniers sont vides puisque presque personne n’a cultivé les céréales. Les villages consacrent les meilleures terres au coton en plus de l’ensemble de leur force de travail. Certains s’en sortent très bien, mais d’autres auraient tout avantage à délaisser cette spécialité agricole.
Les jeunes ont peur et devant ces difficultés ils s’enfuient vers les villes. Phénomène d’exode rural. Bref de multiples facteurs, qu’il se classent en causes, problèmes ou conséquences émergent : baisse de la production, aléas climatiques, retards dans le ravitaillement des intrants, divagation des animaux, bas coûts des produits agricoles, manque de superficies cultivables pour les femmes, manque de planification…
En dotant à nouveau certaines exploitations familiales de matériel agricole, l’histoire ne va-t-elle pas se répéter? Il est facile pour une famille de dissimuler ou de fausser les données concernant leurs avoirs; nous constatons déjà des contradictions entre les données des études socio-économiques et celles des études de faisabilité! Vous me dites que vous n’avez pas de bœufs, avec le fond de développement vous me dites avoir acheté deux bœufs, en réalité vous en aviez déjà deux, vous les vendez et lors de ma vérification vous êtes bel et bien en mesure de me prouver l’achat des deux bœufs en plus de vous être mis de l’argent en poche. Cette situation n’est pas souhaitable, mais elle est réaliste! Et c’est ce que bien sûr nous cherchons à éviter.
Alors comment faire pour déterminer le problème réel? Comment faire pour apporter un appui qui puisse être profitable sur le long terme? Voilà les défis!
Apprentissage du moment : La complexité de la réalité permet de réaliser un grand pas, la simplicité du rêve engendre l’immobilité.

4 Comments:
Salut Yaye!
C'est très intéressant de voir plus en profondeur tes défis quotidiens. Ça nous aide à mieux comprendre concrètement le travail que tu fais au Mali. Il semble y avoir là de quoi ce casser la tête afin de monter des formes d'aide réellement efficaces et durables.
Je suis bien heureux de voir que tout ça te plais beaucoup. Continue !
illo!
sans défi ce serait trop facile!
Tu as très bien vulgarisé la situation problématique que l'organisme vit présentement. C'est vraiment génial de comprendre ça se passe là-bas, sans aucun filtrage des info.
Merci!
Jo
Allo Marie Christine,
C'est intéressant de voir toute la complexité du processus de développement. Cela ne doit effectivement pas être évident pour les habitants de conjuguer avec les facteurs environnementaux mais ils semblent connaître des astuces pour assurer leur survie.C'est pour dire que les priorités change quand le ventre est vide!
à +
momxxxxxx
Bonjour ma fille 2007
Dans ton reportage, je ressens cet immense désir de t’engager avec passion et amour. Ces attributs te feront grandir en cette nouvelle année. Cette dernière ne manquera pas de surprises ou d’événements qui te placeront en situation de défi. Et comme tu es Scorpion ascendant Verseau, inutile de rappeler la passion du Scorpion qui circule dans tes veines et te guide comme une intuition. Quant à ton ouverture d’esprit, tu le dois à ce petit Verseau qui se manifeste dans l’universalité de tous les mondes qui l’entourent.
Tu aimes bouger, apprendre et découvrir…
Tu seras sans cesse en mouvement comme le fond de la rivière qui se gorge de sa chute d’eau. Tu apprendras constamment car la Vie t’apportera ce que tu dois saisir. Tu trébucheras en expérimentant pour mieux connaître et te connaître comme tu fais présentement dans l’étude des activités économiques de la commune de Zantiébougou.
Je suis fier de ce que tu réalises Marie et si loin que tu sois, tu ne cesses de m’étonner. À mon tour de me joindre à ta musique des mots et de t’apporter en cette nouvelle année des terres riches de défis, des moissons abondantes pour nourrir ton cœur et un sol riche en idées créatrices pour cultiver l’esprit en toi. À mon tour de te dire :
«La musique des mots vient faire danser
mon être tout entier.
Je me sers de tous les mots que je connais
pour faire du bien».
Ton père qui t’aime xxx
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