jeudi, février 15, 2007

Semaine 17 : Colloque

Développement local et décentralisation

Arrivée la veille à Bamako, j’étais enthousiasme à prendre part à un événement quelque peu spécial : un colloque. SUCO profitait de la semaine du développement international pour souligner ses quarante années d’intervention au Mali en réunissant des praticiens de plusieurs pays. Leur mission : mener une réflexion quant aux approches de développement dans un cadre de décentralisation. Ainsi des délégués du Pérou, du Nicaragua, du Niger, du Canada, du Burkina Faso, de la Guinée, du Cameroun…etc. se sont regroupés afin de partager leurs expériences et de réfléchir aux actions à entreprendre pour intervenir d’une façon durable dans le domaine du développement local.

Mon apport se concrétisait principalement dans l’accompagnement des hispanophones. Ces derniers ne parlant pas le français communiquaient difficilement en dehors des sessions de travail. J’étais donc là pour répondre à leurs besoins, questions et demandes de toute sorte. Des traducteurs professionnels s’occupaient de traduire les propos dits en ateliers d’une manière simultanée et dès qu’il y avait une pause, un repas ou une activité en soirée je prenais la relève. Après une semaine de ce traitement, j’en suis venue à traduire mes propres rêves!

Il est 6h45 que le klaxon de la Prado bleue de SUCO se fait entendre : allez c’est parti! Les journées furent très bien remplies et les retours à la maison s’effectuaient au plus tôt à 21h. C’est donc dire que personne n’avait un horaire de travail décent. Les quatre premières journées se déroulèrent dans un hôtel situé sur la colline du savoir de Bamako. Il est à noté qu’il y a trois collines dans la Capitale : celle du savoir qui abrite l’université, celle du pouvoir qui abrite les instances gouvernementales et celle de la santé qui abrite l’hôpital général. Lors de la cinquième journée certains participants étaient amenés à visiter le terrain. Nous sommes donc partis dans la commune de Sanankoroba où les villageois eux-mêmes ont exprimé leur cheminement dans le processus de SUCO.

Un aspect très intéressant de la culture est la politesse et « l’enrobage » avec lesquels les gens s’expriment les uns envers les autres. Lors des plénières les participants étaient invités à poser des questions : « Bonjour, je m’appelle Yaye Samaké et je travaille également dans le développement pour un organisme international nommé SUCO. J’interviens principalement au Mali. Je voudrais tout d’abord remercier M.Sy, le conférencier ici présent, pour son apport dans cet atelier. Ses propos étant fort intéressants et s’inscrivant tout à fait dans…j’aurais quelques petites questions à poser à l'honnorable M.Sy, mais avant de vous les formuler, j’aimerais me permettre de faire un commentaire. Nous, dans notre organisation…Je ne voudrais pas monopoliser le temps de parole, je me limiterai donc à seulement quelques petites questions. En fait, j’ai quatre petites questions à poser à M. Sy. La première concerne l’aspect de la participation des femmes dans les espaces politiques. Je vous rappelle les propos de M.Sy affirmant que… je pense donc qu’il est important d’investiguer davantage cet aspect et c’est dans cette optique que je vous pose la question suivante M. Sy : j’aimerais que vous élaboriez plus en profondeur l’idée qui soutien vos dires quand vous mentionnez que les femmes… Par la suite, ma seconde petite question se positionne envers les notions d’applicabilité du programme formulé. Nous avons vu lors… » Et ça continu dans cette même ligne de discussion. Une personne peut donc prendre vingt minutes pour poser quatre questions que le facilitateur reformulera par la suite, parce qu’après un si long discours, il est difficile de les identifier clairement. Les Péruviens et les Nicaraguayens que j’accompagnais me disaient parfois de cesser de traduire et de leur résumer simplement les quatre questions!

Je n’assistais pas aux ateliers se tenant en sous-groupes. Je changeais alors de rôle; de traductrice je devenais une caméraman! Accompagnée de Binta, également une employée de SUCO, nous formions une équipe d’interview de micro-trottoir. C’est-à-dire que nous prenions des participants au hasard et que nous les interrogions sur divers aspects du colloque. Je n’ai pas visionné notre chef d’œuvre, je n’ai donc aucune idée du résultat produit. Toutefois, j’ai pris plaisir à faire Miss communication!

Le colloque s’est clôt le samedi en après-midi avec un brunch et je ne vous cacherai pas qu’à 22h le soir même je dormais sur mes deux oreilles!

Apprentissage du moment : Le secret du succès : la polyvalence.

4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Chère Yaye de Marie C,

Alors te voilà donc Miss Radio- Canada. Une nouvelle corde à ton arc déjà fort rempli! Un peu de cinéma pourquoi pas ! et je suis sûr que tu as fait cela avec beaucoup de professionalisme comme dans tout ce que tu entreprends je crois. Je te félicite de garder cet émerveillement de l'instant présent. Saisir le présent par la caméra ou par quelconque moyen comme le coucher de soleil que tu as saisi en arrêtant ton temps. Un simple répit, une pause et puis tu conserves l'image du soleil couchant sur le fleuve Niger. Ce dernier repose maintenant dans les beaux souvenirs de ta vie.

Avec toi dans ta levée du matin !

Ton père xxx

7:02 a.m.  
Anonymous Anonyme said...

Allo Cricri,
Les gens semblent avoir bien participer, tu as donc su y apporter la stimulation nécessaire à la motivation. Tu as eu l'occasion de refraîchir ton espagnol pour qques jours, j'imagine facilement tes gestes et tes mimiques compris!
Je crois que le titre de personne engagée te revient au plus haut point.
Super que tu réussisses, malgré tes tâches, de te permettre de relaxer devant la beauté d'un coucher de soleil.
Mamouxxxx

7:35 a.m.  
Anonymous Anonyme said...

illo Cricri!
ouf ouf ouf! que d'«enrobage» comme tu dis! Je crois bien que ma patience aurait atteint sa limite bien avant 21h00...à tous les jours! J'espère que ce changement de travail temporaire t'as fait du bien et t'as permis de te changer les idées...sans trop t'épuiser!
Lâche pas la pétate et à bientôt!

Jo Lo

12:34 p.m.  
Anonymous Anonyme said...

Hola Miss. Samaké!

Tu roule à un train d'enfer, une semaine tu es femme au bureau à Bougouni, une autre tu es femme de terrain dans la commune de "Santébougou" :P, entre les deux tu es patiente à l'hôpital, à temps perdu tu es traductrice, accompagnatrice et journaliste et tu trouve même l'énergie d'être responsable de formation! En plus je suis certain que j'en passe :) Une vraie superwoman qui trouve même les temps d'être présente pour ses proches.

Je n'ai que des félicitations à te faire! Bravo!

Affectueusement
Chico
xXx

5:33 a.m.  

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